La 3D et la technologie IMAX nous ferait presque oublier les débuts du cinéma : des films muets, en noir et blanc, sur pellicule. Finalement, que nous reste-t-il du cinéma muet aujourd’hui ? La réponse est : pas grand chose.

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Une négligence de la part des studios

En 2011, le long-métrage de Michel Hazavicius The Artist nous parlait avec émotion et poésie de l’arrivée du son dans les salles. Celui-ci a été associé à l’image dans les années 1920s. Les studios ont alors vu la fin du cinéma muet, jugé moins attractif et moins rentable. Car le cinéma à l’époque n’était pas encore un art, les films n’étaient que de simples produits de divertissement. Certains studios n’ont donc pas hésité à jeter des pellicules pour gagner de la place dans leurs salles d’archives. On estime à 90% les productions du cinéma muet d’avant 1929 qui ont ainsi été détruites… Pour le malheur de l’Histoire du cinéma.

Bérénice Béjo dans "The Artist" - © 2011 - The Weinstein Company
Bérénice Béjo dans « The Artist » – © 2011 – The Weinstein Company

Des archives parties en fumée

Une autre cause de la disparition massive de films muets n’est autre que leur composition. Avant 1951, les pellicules étaient fabriquées à base de nitrate, un composant hautement inflammable. Les studios stockaient un exemplaire de chaque film dans leurs salles d’archives. Mais de nombreux incendies ont eu raison des bobines. C’est ainsi qu’en juillet 1937, la 20th Century Fox — à l’époque Fox Films — a perdu l’intégralité de ses films muets archivés jusqu’en 1932. La carrière de certains acteurs s’en est vue fortement réduite, comme celle Theda Bara. D’autres ont carrément disparu. Après cet incident, la préservation des films a été revue. Mais cela n’a pas empêché d’autres incendies, comme celui des archives de la MGM en 1965. Le feu a détruit des centaines de films, dont la seule copie de Rival des dieux (en anglais A blind Bargain) avec Lon Chaney, ou La femme divine dans lequel jouait Greta Garbo.

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Des trésors retrouvés

Si certaines bobines sont perdues à jamais, d’autres ont refait surface de manière presque miraculeuse. En effet, certains particuliers rachetaient aux studios des pellicules dont ces-derniers ne voulaient plus, sauvant donc sans le savoir des dizaines de films. C’est le cas de la version de 1910 de Frankenstein, ou d’une copie de Richard III, tourné en 1912, redécouvert et restauré en 1996. Mais la palme de la trouvaille la plus miraculeuse revient à Metropolis de Fritz Lang, sorti en 1927. Déjà fortement éprouvé par la censure dans plusieurs pays, le film est reconstitué une première fois en 1995. Puis une deuxième version voit le jour en 2001. Enfin, en 2008, le Museo del Cine de Buenos Aires tombe miraculeusement sur des bobines du film, qui ont permis de le reconstituer dans sa quasi-totalité. Cela donne l’espoir de retrouver, un jour, d’autres trésors du cinéma muet.

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Si jamais vous vous sentez l’âme d’un aventurier, Wikipédia a établi la liste des films incomplets ou partiellement disparus.


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