Update 2019 : Les caméras utilisées pour les productions Netflix Original

Update 2019 : Les caméras utilisées pour les productions Netflix Original

Netflix a mis à jour les guidelines à respecter pour ses productions ! Vous trouverez dans cet article les caméras ajoutées à leur liste, ainsi que celles utilisées pour dernières leurs productions Netflix Original.

Nous avions déjà consacré un article à ce sujet. En effet, Netflix impose des instructions très complètes pour ses productions Netflix Original. Vous pouvez les retrouver en intégralité ici, même si nous allons en faire un petit rappel dans cet article.

Pré-requis des caméras

Pour cette partie, il n’y a en fin de compte pas de grands changements depuis notre dernier article.

  • Les caméras doivent disposer d’un vrai capteur 4K UHD (égal ou supérieur à 4096 pixels de large).

Format d’enregistrement

  • Minimum de 16-bit Linéaire ou 10-bit Log processing.
  • Bitrate à minimum 240 Mbps (à 23.98/24 fps).
  • Le format d’enregistrement doit être :
    • RAW (uncompressed or lightly compressed sensor data)
    • Log color space (i.e. S-Log3, V-Log, CanonLog3, REDLogFilm, BMDLog, LogC)
  • Aucune LUT ou autres corrections colorimétriques ne doivent être appliquées sur le fichier original de la caméra.
  • Les fichiers doivent contenir toutes les métadonnées.

Aspect Ratio / Framing:

  • Pour tout format d’image supérieur à 2.00:1, il est nécessaire d’avoir la validation de Netflix.

Rappelons cependant que certaines productions utilisent d’autres caméras, avec l’approbation de Netflix. Il s’agit par exemple de crash cams, de drones…

Liste des caméras approuvées pour les productions Netflix Original

Des nouvelles caméras ont été ajoutées à la liste, comme par exemple la Canon C700 FF ou de nouvelles caméras RED. Voici donc la liste (encore une fois non exhaustive) des caméras approuvées par Netflix. (Vous pouvez d’ailleurs en trouver certaines sur LightyShare.)


Enfin, voici les caméras utilisées sur quelques unes des productions Netflix Original !

Roma

Caméra utilisée : ARRI Alexa 65
Optiques : Prime 65

Alfonso Cuarón et d'autres membres de l'équipe techniques sur le tournage de Roma - 2018 ©DR
Alfonso Cuarón et d’autres membres de l’équipe technique sur le tournage de Roma – 2018 ©DR

Alfonso Cuarón au directeur de la photographie Emmanuel Lubezki dans une interview IndieWire : « I didn’t want a film that looks vintage, that looks old. I wanted to do a modern film that looks into the past. And you kept questioning me about black and white: ‘Maybe color is better, otherwise you’re going to look back.’ That was your argument about the 65, because it brought a different unapologetic quality to the film. It’s not a vintage black and white. It’s a contemporary black and white. »

La Casa de Papel

Caméras utilisées : Arri Alexa Mini (saisons 1 et 2), RED Helium (saison 3)
Optiques : Leica Summilux-C

Álvaro Morte - La Casa de Papel - ©Backgrid UK
Pedro Alonso, Álvaro Morte et l’équipe technique – La Casa de Papel – ©Backgrid UK

Stranger Things

Caméras utilisées : RED Epic Dragon (saison 1), RED Weapon Helium (saison 2), RED DSMC2 Monstro 8K (saison 3)
Optiques : Leica Summilux-C

Sadie Sink et Gaten Matarazzo - Stranger Things - ©Jackson Lee Davis / Netflix 2016
Sadie Sink et Gaten Matarazzo – Stranger Things – ©Jackson Lee Davis / Netflix 2016

La Ballade de Buster Scruggs

Caméras utilisées : ARRI Alexa Mini, ARRI Alexa XT Studio
Optiques : Zeiss Master Prime, Fujinon Alura 15,5-45mm et 30-80mm

Tim Blake Nelson - La Ballade de Buster Scruggs ©Netflix 2018
Tim Blake Nelson – La Ballade de Buster Scruggs ©Netflix 2018

Vous pouvez par ailleurs retrouver les anecdotes du directeur de la photographie Bruno Delbonnel dans une interview pour l’AFC.

Bodyguard

Caméra utilisée : RED Weapon 8K S35

Richard Madden - Bodyguard - ©Netflix
Richard Madden – Bodyguard – ©Netflix

Black Mirror

Caméras utilisées : ARRI Alexa (saison 1), RED Epic (saisons 2 et 3), ARRI Alexa 65 (saison 4 + Bandersnatch), RED Dragon (USS Callister, épisodes supplémentaires), Sony F55 en deuxième/troisième caméra

Daniel Kaluuya et Jessica Brown Findlay - Black Mirror - Fifteen Million Merits - ©Giles Keyte
Daniel Kaluuya et Jessica Brown Findlay – Black Mirror « Fifteen Million Merits » ©Giles Keyte

Elite

Caméras utilisées : Sony CineAlta F35, Sony F5 Raw

Jaime Lorente - Elite - ©Manuel Fernandez-Valdes
Jaime Lorente – Elite – ©Manuel Fernandez-Valdes

Bird Box

Caméra utilisée : RED Weapon 8K S35

Susanne Bier et l'équipe technique de Bird Box - ©Merrick Morton
La réalisatrice Susanne Bier et l’équipe technique de Bird Box – ©Merrick Morton

Lost in Space

Caméra utilisée : RED Weapon 8K
Optiques : Leica Summilux-C Primes

Toby Stephens et Molly Parker - Lost in Space - ©Eike Schroter / Netflix 2018
Toby Stephens et Molly Parker – Lost in Space – ©Eike Schroter / Netflix 2018

Le directeur de la photographie Sam McCurdy : « I’ve been a believer in Red for some years and applaud the way they try to develop new technologies to suit new ways of filming. We tested the Helium extensively and it was quickly apparent that there was nothing else out there like this in terms of its modern look. »

Il s’exprime également à propos des optiques : « These offer a very sharp, European sort of feel if you draw it down a few stops, and a softer, American movie feel if you shoot a little more wide open. I wanted the softness to depict the family, but the extra sharpness and extra depth-of-field for visual effects to play around with. »

Narcos: Mexico

Caméra utilisée : RED DSMC2 Dragon, prises au drone DJI Inspire 1
Optiques : Hawk V-Lites (28, 35, 45, 55, 65, 80, 110, 140mm), Hawk Vintage ’74 anamorphiques

Diego Luna - Narcos: Mexico - ©Netflix 2018
Diego Luna – Narcos: Mexico – ©Netflix 2018

Le directeur de la photographie Luis Sansans dans une interview pour Vantage : « For season 4, we changed the look dramatically. After consulting with the producers, we decided to switch to anamorphic lenses and a 2:1 aspect ratio, which is between the 16:9 frame used previously and the full 2.40:1 of standard anamorphic. »

A propos des optiques : « The decision to go with wider lenses is in tune with our goal of involving the characters more with the locations. Sometimes we put a character at the edge of the frame to create tension. The show definitely has a Western feeling with the wide, horizontal frame and the tans and browns of the landscape, as well as the outlaw story. […] With digital cameras and technically perfect lenses, things look too sharp. The Hawks bring you to that time period. The contrast, the flaring, the aberrations at the edges – all of that creates an interesting imperfection and gives another sense to the story. »


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GoT : making-of des épisodes 1 et 2 de la saison 8

GoT : making-of des épisodes 1 et 2 de la saison 8

L’épisode 3 de la saison 8 de Game of Thrones sort cette nuit. En attendant, retrouvez le making-of des deux premiers épisodes !

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On attendait la dernière saison avec impatience. Les producteurs ont décidé de tout donner pour le grand final de Game of Thrones. Et parce qu’il faut faire rêver les fans, HBO diffuse sur sa chaîne Youtube une série de vidéos making-of nommée « Game Revealed ».

La première vidéo making-of est sortie le 15 avril dernier, et la deuxième est sortie le 22 avril. Acteurs, producteurs et techniciens expliquent les challenges à surmonter pendant le tournage. En revanche, si la tension monte dans la série, les anecdotes humoristiques pleuvent dans le making-of de GoT ! Voire quelques moments TMI (Too Much Information), n’est-ce pas Kit… Mais on en apprend également beaucoup sur les choix de réalisation et sur les procédés techniques qui donnent vie à l’univers de George R. R. Martin.

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Le making-of de l’épisode 1 retrace entre autres la construction des décors de Winterfell, la synthèse du vol à dos de dragon et l’impressionnante immolation du corps du petit Ned Umber. Mais ce qui rend le making-of du premier épisode si spécial, c’est sûrement l’apparition de George Lucas sur le plateau…

Dans la deuxième vidéo, on en apprend plus sur la construction de Winterfell. Les décors sont d’une précision fabuleuse ! L’équipe dévoile également le secret de fabrication des armes en verre de dragon. Et la fin de la vidéo raconte la scène émouvante de l’adoubement de Brienne de Tarse.

Un grand merci à HBO qui diffuse cette série de vidéos making-of de GoT pour prolonger notre expérience à Winterfell !


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Les centaines d’oeuvres disparues du cinéma muet

Les centaines d’oeuvres disparues du cinéma muet

La 3D et la technologie IMAX nous ferait presque oublier les débuts du cinéma : des films muets, en noir et blanc, sur pellicule. Finalement, que nous reste-t-il du cinéma muet aujourd’hui ? La réponse est : pas grand chose.

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Une négligence de la part des studios

En 2011, le long-métrage de Michel Hazavicius The Artist nous parlait avec émotion et poésie de l’arrivée du son dans les salles. Celui-ci a été associé à l’image dans les années 1920s. Les studios ont alors vu la fin du cinéma muet, jugé moins attractif et moins rentable. Car le cinéma à l’époque n’était pas encore un art, les films n’étaient que de simples produits de divertissement. Certains studios n’ont donc pas hésité à jeter des pellicules pour gagner de la place dans leurs salles d’archives. On estime à 90% les productions du cinéma muet d’avant 1929 qui ont ainsi été détruites… Pour le malheur de l’Histoire du cinéma.

Bérénice Béjo dans "The Artist" - © 2011 - The Weinstein Company
Bérénice Béjo dans « The Artist » – © 2011 – The Weinstein Company

Des archives parties en fumée

Une autre cause de la disparition massive de films muets n’est autre que leur composition. Avant 1951, les pellicules étaient fabriquées à base de nitrate, un composant hautement inflammable. Les studios stockaient un exemplaire de chaque film dans leurs salles d’archives. Mais de nombreux incendies ont eu raison des bobines. C’est ainsi qu’en juillet 1937, la 20th Century Fox — à l’époque Fox Films — a perdu l’intégralité de ses films muets archivés jusqu’en 1932. La carrière de certains acteurs s’en est vue fortement réduite, comme celle Theda Bara. D’autres ont carrément disparu. Après cet incident, la préservation des films a été revue. Mais cela n’a pas empêché d’autres incendies, comme celui des archives de la MGM en 1965. Le feu a détruit des centaines de films, dont la seule copie de Rival des dieux (en anglais A blind Bargain) avec Lon Chaney, ou La femme divine dans lequel jouait Greta Garbo.

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Des trésors retrouvés

Si certaines bobines sont perdues à jamais, d’autres ont refait surface de manière presque miraculeuse. En effet, certains particuliers rachetaient aux studios des pellicules dont ces-derniers ne voulaient plus, sauvant donc sans le savoir des dizaines de films. C’est le cas de la version de 1910 de Frankenstein, ou d’une copie de Richard III, tourné en 1912, redécouvert et restauré en 1996. Mais la palme de la trouvaille la plus miraculeuse revient à Metropolis de Fritz Lang, sorti en 1927. Déjà fortement éprouvé par la censure dans plusieurs pays, le film est reconstitué une première fois en 1995. Puis une deuxième version voit le jour en 2001. Enfin, en 2008, le Museo del Cine de Buenos Aires tombe miraculeusement sur des bobines du film, qui ont permis de le reconstituer dans sa quasi-totalité. Cela donne l’espoir de retrouver, un jour, d’autres trésors du cinéma muet.

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Si jamais vous vous sentez l’âme d’un aventurier, Wikipédia a établi la liste des films incomplets ou partiellement disparus.


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5 erreurs typiques de films étudiants

5 erreurs typiques de films étudiants

Le cinéma a toujours séduit par sa manière de raconter des histoires, chacune aussi subjective que le réalisateur qui lui a donné vie. Tous les ans, de nouveaux jeunes talents décident de se lancer dans la réalisation d’un métrage. Mais l’exercice est plus difficile qu’il n’y parait… La chaîne Youtube « This Guy Edits » a listé 5 erreurs typiques de films étudiants et quelques conseils pour les rattraper.

1-Transcrire sa propre expérience dans son film

Les premiers métrages et les métrages étudiants sont souvent basés sur une expérience vécue : par le réalisateur, le scénariste… Mais il ne suffit pas de retranscrire sa propre expérience pour arriver à toucher son public. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il ne faut pas s’inspirer d’événements qui se sont vraiment produits, ou d’un ressenti personnel. Mais il faut savoir comment tourner ces expériences personnelles en quelque chose de plus générique, plus universel. L’art du cinéma n’est pas de faire en sorte que le spectateur éprouve simplement de la sympathie pour le personnage. Il faut que le public s’identifie au personnage pour susciter une vraie empathie.

Ca se rattrape : le travail du monteur est de faire transparaître une certaine dynamique émotionnelle qui permet de donner un rythme au film. C’est généralement préférable de confier la post-production à un monteur plutôt que de monter son film soi-même. En effet, une personne extérieure regardera le film avec un oeil nouveau et cherchera les rushes les plus significatifs pour faire ressortir cette dynamique émotionnelle.

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2-Le casting et le jeu d’acteurs

Ne pas accorder assez d’importance au casting est la deuxième erreur courante dans un film étudiant. Et pourtant, c’est l’une des choses primordiales ! Le casting est une étape complexe et souvent, par manque de temps et de budget, les acteurs se trouvent être des membres de la famille, des amis, des connaissances qui suivent ou ont suivi des cours de théâtre. Mais il arrive souvent que leur talent ne soit pas à la hauteur du personnage qu’ils doivent jouer. Être acteur, ça ne s’improvise pas. Il faut donner vie au personnage, donner vie au scénario… Cela peut vraiment valoir le coup d’attendre la bonne personne, car elle peut potentiellement transformer le film — dans le bon sens du terme.

Ca se rattrape : malheureusement difficilement, la magie du montage a ses limites… C’est pourquoi il est essentiel de bien sélectionner en amont les acteurs qui vont donner vie aux personnages. Il arrive aussi que, lors des auditions, un acteur se fasse remarquer bien qu’il ne corresponde pas tout à fait au personnage. Il est alors possible de modifier légèrement le scénario ou le personnage pour qu’il colle mieux à l’acteur. Avant le tournage, tout reste modifiable.

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3-Les dialogues

Trop souvent, l’erreur dans un film étudiant est de mettre trop de dialogues, surtout dans une scène d’exposition. Avoir le souci du détail est bien entendu une bonne chose, mais il y a beaucoup d’informations qui peuvent être transmises au spectateur de manière visuelle, dans le contexte sonore… sans passer par des lignes de dialogue. Au cinéma, il est inutile de raconter l’action (ex: « J’en ai assez, je m’en vais !« ) puisqu’elle est visible à l’écran .

Ca se rattrape : encore une fois, au montage, il est possible de couper des pans entiers de conversations. Mais cela peut aussi être évité en amont, lors de l’écriture du scénario. Lors du découpage également, où le réalisateur peut décider d’utiliser des plans précis, un certain éclairage, de la musique / un fond sonore, les expressions faciales des acteurs… pour faire passer certaines informations.

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4-Trop de plans différents pour montrer une même scène d’émotion

C’est parfois le résultat d’une rechercher stylistique. Mais enchaîner différents plans (large, gros plan, rapproché, pano…) qui montrent un personnage, souvent perdu dans ses émotions, est une erreur. C’est une succession de plans dans lesquels il ne se passe rien, et qui n’a aucune incidence ni sur le personnage, ni sur l’intrigue. Un petit garçon qui pleure, une jeune fille qui dort dans son lit… Pas besoin de s’éterniser en différents plans. Cela ne donne que des minutes de film en plus. Une continuité de séquences de ce genre peut vite ennuyer le spectateur, c’est ce qui amène le fameux et redouté « ce film était trop long ».

Ca se rattrape : ne garder qu’un ou deux plans significatifs et couper le reste au montage. Il faut mettre l’emphase sur l’information importante de la séquence, son climax : que veut-on montrer ? Les étapes qui permettent d’arriver à ce climax sont les plans à conserver. Pendant la phase de pré-production, il est conseillé de lire son script en se chronométrant. Cela va aider non seulement à construire un rythme, une dynamique dans la scène, mais aussi tout au long du film.
Vous pouvez par ailleurs retrouver nos quelques conseils pour donner du rythme à un montage vidéo juste ici.

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5-Mal répondre à la question « Il parle de quoi, ton film? »

Sans doute le plus grand problème, celui dont découle les erreurs énoncées ci-dessus. Le premier réflexe d’un réalisateur novice est de raconter le plot de son film en réponse à la question « De quoi parle ton film ? » Seulement, le plot n’est pas vraiment « ce dont parle le film ». Ce que l’interlocuteur demande, c’est le thème abordé. Et il arrive que le réalisateur ne sache pas répondre. Or, le thème est la base du film, c’est lui qui permet de connecter les spectateurs au film (voir problème 1). Sans base solide, le film sera décousu. Il y aura des enchaînements de plans inutiles, des dialogues trop longs pour tenter d’expliquer l’intrigue. Effectuer un casting sera difficile car le réalisateur n’a pas d’idée précise sur ce qu’il recherche.

Ca se rattrape : En phase de pré-production, il est impératif de poser les bases avant de se lancer dans l’écriture de son scénario. De quoi parle mon film ? Quelle idée ai-je envie de développer à travers ce film ? Comment vais-je aborder cette idée ? Enoncer clairement le thème développé dans le film va aider à forger sa perspective et à prendre des directives scénaristiques.

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Comment vérifier l’efficacité de nos conseils ? En nous envoyant vos métrages !


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Comment le web a influencé l’audiovisuel

Comment le web a influencé l’audiovisuel

En ce jour du 12 mars 2019, nous fêtons les 30 ans du web. C’est l’occasion de faire une petite rétrospective sur l’influence du web sur l’audiovisuel.

De nouveaux modes de consommation

Sans surprise, la première chose que le web a bouleversée de par son apparition, ce sont les modes de consommation de l’audiovisuel. Il y a le cinéma et la télévision, mais l’audiovisuel est désormais aussi disponible sur l’ordinateur, la tablette, le smartphone… Grâce à la VOD, dont une grande partie de l’offre mondiale se trouve sur le web.

Mais aussi grâce aux OTT (Over the Top), ou services de contournement en français. Le nom ne vous dit sans doute rien mais vous en utilisez au quotidien. Cette appellation regroupe tous les services qui permettent d’accéder à du contenu multimédia sur internet, sans passer par un opérateur de réseau traditionnel (chaînes de télévision, plateformes VOD, offres triple play des services télécom…). Cela comprend donc le streaming. Le plus vieil OTT est notre bon ami Youtube, créé en 2005. Et le dernier à faire des remous dans la sphère de l’entertainment est Netflix.

Le web a tant changé les modes de consommation de l’audiovisuel que des grandes chaînes de télévision comme HBO se sont mises à la diffusion en OTT, et leurs replays sont disponibles sur internet.

L’apparition de nouvelles offres

La mise en place de tous ces nouveaux services a fait émerger de nouvelles offres en matière d’audiovisuel. Youtube en a d’ailleurs été l’acteur clé. La toute première vidéo mise en ligne sur Youtube est… un vlog. De 19 secondes, certes, et elle servait sûrement un essai technique plutôt qu’une recherche artistique. Mais « Me at the zoo », cette vidéo de l’un des fondateurs du site a engendré la création d’une nouvelle forme de contenu : le vlog, ou blog vidéo.

Youtube a offert la possibilité de publier ses propres vidéos. Du simple vlog au court-métrage défendant des causes humanitaires, en passant par la web-série futuriste plantée dans un décor post-apocalyptique, Youtube a offert la possibilité aux internautes de s’exprimer et de se faire entendre par l’intermédiaire de la vidéo. Ce sont autant de formats vidéo qui n’auraient pas existé sans internet. Aujourd’hui, tout le monde a la possibilité de produire du contenu audiovisuel. Le web n’a pas simplement influencé l’audiovisuel, il l’a rendu (potentiellement) accessible à tous… Jusqu’à une désacralisation du monstre appelé cinéma ? Aujourd’hui, des OTT comme Netflix sont capables de produire leurs propres films et d’avoir le privilège de leur diffusion, au grand mécontentement de notre ami Steven Spielberg.

Et ces créations soulèvent des questions importantes dans le monde de l’audiovisuel : le cinéma, tel que nous le connaissions, peut-il vraiment conserver la même définition ? A partir de quand une oeuvre vidéographique peut-elle être considérée comme du cinéma ? Quel avenir attend la production et la diffusion de films ?

Quoi qu’il en soit, le web n’a pas fini d’influencer l’audiovisuel. N’hésitez pas à réagir, nous sommes curieux de connaître votre avis sur toutes ces questions !


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Netflix vs. Spielberg : une guerre sans fin ?

Netflix vs. Spielberg : une guerre sans fin ?

Vous en avez très certainement entendu des échos. Suite à la cérémonie des Oscars 2019, une altercation entre Spielberg et Netflix a enflammé la toile. Pour résumer, on en revient au débat salle de cinéma versus télévision / streaming, et à l’archaïque contre le novateur. Mais est-ce vraiment un débat sans issue ?

Team Spielberg : rien n’égale l’expérience en salle

Steven Spielberg est un firm believer du cinéma pour grand écran. Dans son discours d’acceptance du prix du meilleur réalisateur aux Cinema Audio Society’ CSA Awards, il rappelle qu’« il n’y a rien de pareil que d’aller dans une grande salle de cinéma plongée dans la pénombre, avec des personnes qui nous sont inconnues, et de se laisser submerger par le film. »

Steven Spielberg - ©HBO
Steven Spielberg – ©HBO

De fait, le cinéma est tout un art qui consiste penser « grand », penser « autour » du spectateur qui se retrouve, de manière assez littérale, plongé au coeur de l’histoire. Le réalisateur salue les progrès technologiques en matière de télévision, mais « [je] ne pense pas que des films à qui l’on a simplement plaqué un gage de qualité et qui ont été diffusés dans quelques salles de cinéma pendant un peu moins d’une semaine devraient faire l’objet d’une nomination par l’Académie des Oscars. »

Il déplore également la tendance des studios de production qui préfèrent des films conditionnés pour le petit écran, à succès garanti et (exclusivement) diffusés sur les plateformes VOD, aux dépends des films d’auteurs. Pour lui, après l’arrivée de la télévision, c’est le streaming (dont Netflix) qui menace aujourd’hui le cinéma hollywoodien.

Team Netflix : un accès à l’art cinématographique pour tous

C’est par l’intermédiaire des réseaux sociaux que Netflix a répondu au réalisateur de Ready Player One, dans un tweet qui prône un accès universel à l’art cinématographique.

« Nous aimons le cinéma. Voici d’autres choses que nous aimons :
– l’accès [au cinéma] pour ceux qui ne peuvent pas toujours s’offrir une séance, ou qui vivent dans des villes sans cinémas
– permettre à tout le monde de profiter des sorties de films en même temps, partout
– donner aux réalisateurs un nouveau moyen de partager leur art

Ces choses ne sont pas incompatibles. »

3- Vers de nouveaux modes de consommation cinématographique ?

Ces échanges ne sont bien entendu pas passés inaperçus dans la sphère cinématographique. Beaucoup se sont exprimés sur la question de manière plus ou moins exaltée, certains prenant parti, d’autres préférant offrir des témoignages. Parmi eux, le réalisateur et scénariste Paul Schrader, qui fait remarquer via Facebook que Netflix choisit lui aussi les films qu’il diffuse. Il donne en exemple son film Sur le chemin de la rédemption (First Reformed en anglais).

Enfin, il y a ceux qui, comme le réalisateur Sean Baker, évoquent l’idée d’un compromis entre les deux partis apparemment inconciliables.

« Et si Netflix proposait une option « cinéma » dans leurs forfaits ? Pour un supplément modique, les abonnés Netflix pourraient regarder des films Netflix au cinéma gratuitement. Je serais moi-même prêt à dépenser 2 dollars de plus pour regarder des films comme Roma ou La Ballade de Buster Scruggs sur grand écran. »

« Cela conviendrait à la fois aux propriétaires de cinémas et aux spectateurs qui préfèrent l’expérience d’une salle de ciné. »

« C’est juste une idée comme ça. Mais nous devons trouver des solutions où chacun doit donner du sien pour que la communauté cinématographique (incluant les propriétaires de salles de cinéma, les festivals et les distributeurs) reste vivante et dynamique. »

La solution proposée par Sean Baker apportera-t-elle la catharsis ? En attendant, n’hésitez pas à nous partager votre point de vue sur la question !


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